dimanche 2 août 2026

Exposition Claude Viallat, La Grande-Motte, 2026

 

Exposition Claude Viallat

Retours en boucles Taureau-Forme

Espace Michèle Goalard, Capitainerie

La Grande Motte 34

Du 10  juillet au 30 août 2026

 

Claude Viallat, ST, glycero et huile sur bois, un des panneaux de la série tauromachique, 1963. 



                                  Heureux qui comme Ulysse…

 

  Claude Viallat n’a jamais manqué ni de tempérament ni de talent. Cette exposition à La Grande-Motte, dans le singulier Espace Michèle Goalard, en témoigne une fois encore. Stéphane Jurand et Bernard Teulon-Nouailles en assurent le commissariat. Pour mémoire, Michèle Goalard (1936-2016), peintre et sculptrice, a participé activement à la réalisation des œuvres monumentales de la cité balnéaire.

 

  Dans ce retour vers un passé proche, la série taurine de Viallat qui date de 1963, se compose de lourds panneaux en bois, avoisinant les 21 mètres de long sur plus de 2 mètres de haut. Ils se trouvent dissociés dans l’exposition, entourés d’objets d’inspiration taurine et de peintures avec la fameuse forme. Divers épisodes des activités tauromachiques s’y trouvent représentés, de la course libre à la corrida, en passant par l’abrivado. Le style figuratif se trouve confronté à des influences diverses, comme Picasso (la tête élancée et hurlante d’un cheval, comme dans Guernica), mais aussi Soutine et parfois un certain expressionnisme européen. D’emblée, l’ensemble tient la route, ne se perd pas dans une posture traditionaliste, mais ouvre sur un champ d’expériences liées aux recherches internationales. Le jeune Viallat maîtrise son sujet, sait où il veut aller et procède parfois à des abstractions qui annoncent déjà ses recherches ultérieures.

 

Claude Viallat, sélection d'objets, volontairement sans cartels et sans date.

  Des objets, beaucoup plus récents, d’autres volontairement non datés, parfois composés de bois flottés, esquissent des formes taurines plus ou moins stylisées. Là encore, l’archaïque le dispute à la modernité. Le bricolage demeure cette activité des marges, témoignant d’une société plus ou moins parallèle. La société de 1963 a disparu, remplacée par un monde bien différent. Pourtant, la position de Viallat peut se trouver éclairée par cette citation de Michel Deguy : « La vérité que cherche l’œuvre d’art, c’est la vérité universelle de ce qui est singulier ». La notion de « Retours en boucles » introduit bien sûr le temps qui passe, mais aussi une intemporalité très revendiquée. Les objets-images des taureaux de Viallat viennent-ils des grottes de la Préhistoire ou de la récupération de matériaux hétéroclites du bazar voisin ? Qui sait ? L’artiste emprunte parfois une route presque chamanique, jointe à une désinvolture magnétique. Quelques toiles, siglées de la fameuse forme s’épanouissent, semblables à des voiles.

 

Claude Viallat, ST, acrylique sur muleta, 2024




  Alors rien de nouveau sous le soleil ? Ce qui demeure fascinant chez Viallat, outre sa force de coloriste (la partie matissienne de l’œuvre), est l’existence d’une continuité. Les années passent et les œuvres évoluent tout en demeurant semblables. De la répétition naît l’action. Des histoires naît une histoire, celle d’un jeune artiste de 90 printemps.                                                                                                                                                                                                                           

 

                                                                                                                               Christian Skimao

 

 

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