Exposition
L’esprit de l’atelier (16 artistes
formés aux Beaux-Arts de Paris avec Djamel Tatah)
Avec Kenia Almaraz Murillo, Raphaëlle Benzimra, Djabril Boukhenaïssi, Tristan Chevillard, Fabien Conti, Mathilde Denize, Léo Dorfner, Clémence Gbonon, Bilal Hamdad, Nina Jayasuriya, Dora Jeridi, David Mbuyi, Zélie Nguyen, Pierre Pauze, Blaise Schwartz, Rayan Yasmineh
MO.CO Panacée, Montpellier
Du 31
janvier au 3 mai 2026
Transmission ou rébellion
Côté 19ème siècle, la tradition de l’atelier des Beaux-Arts, le maître et des élèves, glisse vers la contemporanéité du 21ème siècle, avec un « boss » et de futurs artistes. Après ce raccourci, historique, intéressons-nous au cas concret de Djamel Tatah, enseignant à Paris de 2008 à 2023 et à certains de ses anciens étudiants. Dans l’écosystème artistique, il existe aussi des créateurs et créatrices, non passés par une école d’art, qui ont réussi à devenir des figures majeures ; leur nombre semble toutefois diminuer, surtout en tenant compte en compte des parcours parallèles (Arts Déco, design, universités, instituts, nouvelles technologies, écoles d’architecture, etc.)

Dora JERIDI, PONY CLUB (GUERNICA FOR KIDS), 2023, huile, bâton d’huile et fusain sur toile, 210 x 400 cm.
Indéniablement, Dora Jeridi, née en 1988, frappe
par sa puissance plastique et sa relecture de l’histoire de l’art. Elle mêle références
expressionnistes et réminiscences adolescentes ou enfantines. Cette absence de hiérarchie,
très caractéristique de notre époque, lui permet d’hybrider figuration et
abstraction, par un travail citationnel et fragmentaire, parfois inattendu, à
la manière de Philip Guston, par exemple. La couleur, omniprésente, adopte une
gestuelle teintée d’impatience : rouges plus ou moins oppressants ou jaunes
criards. L’importance des titres ouvre encore de nouvelles voies d’interprétation
(Chevaux hurlants, Firestarter, Peur du jazz, Pony club
(Gernica for Kids), etc.
Djabril Boukhenaïsi, né en 1993, crée des
peintures qui se réfèrent à un temps passé, du moins en apparence. Le mélange d’espaces
intérieurs et extérieurs produit une distorsion spatio-temporelle.
L’évanescence des formes et la douceur sensuelle des couleurs, plongent le
spectateur/la spectatrice dans un monde disparu, la modernité d’autrefois. Malgré
des références à un certain Romantisme ou à quelque postimpressionnisme tardif,
une contemporanéité plus discrète interroge ses réalisations.
Mathilde Denize, née en 1986, produit
d’étranges figurines multicolores qui jouent avec l’espace. Ses bariolages
cultivés, en trois dimensions, rejoignent des peintures bidimensionnelles. Le
côté aérien évoque la danse, alors que ses « habits d’arlequin » renvoient
élégamment au théâtre. Reste la musique, qui se retrouve dans le titre d’une
œuvre exposée, Sound of figures (Le son des figures). Un rêve
d’art total qui réside en marge de technologies trop vulgaires.
Voici une première sélection, sans doute partiale,
critique, et résolument personnelle. Une seconde suivra-t-elle ? Mes encouragements
accompagnent naturellement les autres artistes dans leur navigation aventureuse
hors de l’espace mythique de l’Atelier.
Christian Skimao
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