Exposition Agata Ingarden
Au grand jour/In Broad Moonlight
Collection
Lambert, Avignon
Du 1er
février au 3 mai 2026

Agata Ingarden, série Elevators, Collection Lambert, 2026
Ascenseur pour colonne vertébrale
Cette double exposition d’Agata Ingarden
déroule conjointement à Marseille, au Triangle- Astérides et en Avignon, à la
Collection Lambert. Nous nous concentrerons plus spécifiquement sur la partie
avignonnaise.
Son
travail s’inscrit à la croisée du mécanique, du corporel et du fantastique. Ses
fameux ascenseurs, Elevators, composés de pièces industrielles
réemployées, se trouvent traversés de cordes d’instruments de musique, et
ponctués de moulages en bronze des vingt-cinq vertèbres humaines. Le contraste
recherché entre le corps, symbolisé par des rouages essentiels évoquant le
squelette, et une machinerie métallique usagée demeure fondamental. La
naissance d’une hybridation, fort en vogue depuis quelques années, avec sa
réévaluation dans le domaine de l’art contemporain, y a peut-être contribué. On
y voit ainsi une étrange main organique, composée de branchages, prête à happer le passant ou la
passante. Une dimension métaphysique hante ces boîtes : la verticalité
renvoie à l’élévation tandis que l’horizontalité suggère l’ensevelissement. Au
cœur de l’exposition, une reproduction du sacrum, os du bassin essentiel, The
Shell (T9-12, L1-5, S1), se détache sur une plaque de récupération, d’un
bleu usé, d’une intensité remarquable.
Agata Ingarden, série Hermits, Collection Lambert, 2026
Les Hermits, sculptures
également verticales, assemblent débris de matériaux de construction polis par
la mer, tiges métalliques, et lames de stores, se terminant par des fenêtres de
verre globuleuses. Elles évoquent le bernard-l’hermite qui loge dans une
coquille abandonnée. Leur éclairage, joue avec les variations lumineuses des
couchers de soleil. Entre référence animale et maquette architecturale, chaque
volume se positionne entre sculpture, stèle et maquette, suggérant un singulier
parfum de solitude, proche d’un rêve ermite.
Enfin sur les murs, Dream House World (Monde
de la maison des rêves) présente quatre plans d’évacuation en cuivre oxydé,
où figurent des ascenseurs et quatre salles distinctes dont les noms (rave, metal, base et rythm
rooms) évoquent la musique et la danse. Ils rappellent aussi les plans
d’évacuation dans les hôtels ou les lieux publics en cas d’incendie. Des
circuits neuronaux pourraient se trouver activés dans le cadre d’un cauchemar
généralisé.
Le parcours d’Agata Ingarden multiplie changements
d’échelle et glissements temporels, aboutissant à une fiction puissante, paradoxalement
amarrée à des matériaux concrets.
Cristian Skimao
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