Exposition
Claude Viallat
Retours
en boucles Taureau-Forme
Espace
Michèle Goalard, Capitainerie
La
Grande Motte 34
Du 10 juillet au 30 août 2026
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| Claude Viallat, ST, glycero et huile sur bois, un des panneaux de la série tauromachique, 1963. |
Heureux
qui comme Ulysse…
Claude Viallat n’a jamais manqué ni de
tempérament ni de talent. Cette exposition à La Grande-Motte, dans le singulier
Espace Michèle Goalard, en témoigne une fois encore. Stéphane Jurand et Bernard
Teulon-Nouailles en assurent le commissariat. Pour mémoire, Michèle Goalard
(1936-2016), peintre et sculptrice, a participé activement à la réalisation des
œuvres monumentales de la cité balnéaire.
Dans ce retour vers un passé proche, la série
taurine de Viallat qui date de 1963, se compose de lourds panneaux en bois, avoisinant
les 21 mètres de long sur plus de 2 mètres de haut. Ils se trouvent dissociés
dans l’exposition, entourés d’objets d’inspiration taurine et de peintures avec
la fameuse forme. Divers épisodes des activités tauromachiques s’y trouvent
représentés, de la course libre à la corrida, en passant par l’abrivado. Le style
figuratif se trouve confronté à des influences diverses, comme Picasso (la tête
élancée et hurlante d’un cheval, comme dans Guernica), mais aussi
Soutine et parfois un certain expressionnisme européen. D’emblée, l’ensemble
tient la route, ne se perd pas dans une posture traditionaliste, mais ouvre sur
un champ d’expériences liées aux recherches internationales. Le jeune Viallat maîtrise
son sujet, sait où il veut aller et procède parfois à des abstractions qui
annoncent déjà ses recherches ultérieures.
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| Claude Viallat, sélection d'objets, volontairement sans cartels et sans date. |
Des objets, beaucoup plus récents, d’autres
volontairement non datés, parfois composés de bois flottés, esquissent des
formes taurines plus ou moins stylisées. Là encore, l’archaïque le dispute à la
modernité. Le bricolage demeure cette activité des marges, témoignant d’une
société plus ou moins parallèle. La société de 1963 a disparu, remplacée par un
monde bien différent. Pourtant, la position de Viallat peut se trouver éclairée
par cette citation de Michel Deguy : « La vérité que cherche l’œuvre
d’art, c’est la vérité universelle de ce qui est singulier ». La notion de
« Retours en boucles » introduit bien sûr le temps qui passe, mais
aussi une intemporalité très revendiquée. Les objets-images des taureaux de
Viallat viennent-ils des grottes de la Préhistoire ou de la récupération de
matériaux hétéroclites du bazar voisin ? Qui sait ? L’artiste emprunte
parfois une route presque chamanique, jointe à une désinvolture magnétique.
Quelques toiles, siglées de la fameuse forme s’épanouissent, semblables à des
voiles.
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| Claude Viallat, ST, acrylique sur muleta, 2024 |
Alors rien de nouveau sous le soleil ? Ce qui demeure fascinant chez Viallat, outre sa force de coloriste (la partie matissienne de l’œuvre), est l’existence d’une continuité. Les années passent et les œuvres évoluent tout en demeurant semblables. De la répétition naît l’action. Des histoires naît une histoire, celle d’un jeune artiste de 90 printemps.
Christian
Skimao


















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