jeudi 12 février 2026

Exposition "Réattu réinventé", musée Réattu, Arles 2026

Réattu réinventé Une approche nouvelle du musée

Musée Réattu, Arles

Du 6 décembre 2025 au 29 mars 2026

 

 

 

Germaine Richier, Le Griffu (1962) et Rachel Théret, 12 études de nu (1980-82), Musée Réattu, 2026

     Un cocktail à déguster sans modération

 

 

  Il y a quelque de passionnant et d’émouvant à redécouvrir dans un musée. Le réagencement contemporain du Réattu offre de nouvelles perspectives et des angles inédits au regard qui circule. La nouvelle mise en scène des périodes de l’histoire de l’art crée des correspondances surprenantes : une grande partie du musée explore des thématiques majeures, tandis que le parcours introduit des nouveautés. Ainsi, la grande Katerina Jebb présente ses Untitled Nudes, fragments de corps recomposés qui interrogent la représentation des femmes dans les peintures célèbres et instaurent une distance volontaire. Tout en haut du musée, une autre série, Arlésiennes, propose des portraits de deux reines d’Arles, accompagnées de leurs demoiselles d’honneur, photographiées en pied avec un scanner tenu à bout de bras. Le résultat donne des images hiératiques, presque irréelles et sans doute immortelles. La Chambre d’écoute, au même niveau, accueille Métamorphoses de Julie Rousse, installation sonore multicanal de grande qualité sur les variations du Rhône. Cette volonté d’approfondir le champ du sonore, souvent négligé, se retrouve dans les salles basses, où la sculpture sonore Acoustic Catacombs de Hanna Hartman dialogue avec un Pluton de Jacques Réattu, d’après Charles Joseph Natoire. Une plate-forme rouge invite à se déchausser pour éprouver les vibrations de la cité.

 

Jean-Pierre Formica, Traverser l'Histoire, Musée Réattu, 2026

    Dans les relations tissées entre les salles, notons dans la partie « Représenter le corps », une sculpture de Germaine Richier, le Griffu en conversation avec 12 études de nu de Rachel Théret ; ou encore La Vision de Jacob de Réattu face à la série Oda du grand Javier Pérez, qui conjugue le corps et la jument noire. « Réfléchir le portrait » réunit portraits peints et photographiés, dont plusieurs réalisés de Yousuf Karsh, à commencer par son Hemingway. Dans « réinventer le paysage », un Paysage des environs de Rome de Réattu converse avec Caroline Duchatelet et son Mercredi 4 novembre 2011 et Astrid de la Forest avec Fresque. Dans le cadre de « Repenser les images » se trouve l’époustouflant travail photographique de Corinne Mercadier, La Suite d’Arles, réinterprétation hallucinée du mythe de la boîte de Pandore et la vidéo apocalyptique Main-Stream-Memory, d’Ugo Schiavi et Jonathan Pêpe, qui imagine une Arles de synthèse emportée par la montée des eaux (son exposition personnelle de 2021, Gargareôn, avait été commentée sous l’intitulé Monstres à tous les étages). Jean-Pierre Formica, avec Traverser l’Histoire, a eu la chance d’installer ses colonnes tarabiscotées et ses fragments indéfinis, dans un espace qualifiable de chaland ou de barge, du moins matérialisé au sol comme tel, aux côtés des incroyables toiles inachevées de Réattu et Fabre. L’Histoire racontant des histoires qui deviendront historiques dans un mouvement dialectique. Et toutes les autres salles, avec tous les autres artistes,…

 

 

                                                                                                                                                 Christian Skimao 


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