lundi 9 février 2026

Exposition collective L’Ecole des beaux-arts de Montpellier : une histoire singulière, MO.CO et Musée Fabre, Montpellier, 2026

 

Exposition collective L’Ecole des beaux-arts de Montpellier : une histoire singulière (dans le cadre de SOL ! La biennale du territoire #3)

Avec 105 artistes

Au MO.CO  et au Musée Fabre, à Montpellier

Du 31 janvier au 3 mai 2026

 

De gauche à droite: Alexandre Cabanel, Germaine Richier, Pierre Soulages, exposition MO.CO 2026.

 


          Une Ecole dynamitée ou dynamisée

 

  Dès sa naissance en 1828, sous le règne de Charles X, la collection de François-Xavier Fabre, lui-même peintre, s’établit dans l’hôtel de Massilian à Montpellier. La Société des Beaux-Arts de la ville, fondée en 1779 s’y trouve intégrée dès 1829. Une synergie se met alors en place et ne disparaîtra physiquement qu’avec l’indépendance de l’Ecole, qui ne quittera l’enceinte du Musée qu’en 1957. Ainsi la réserve de formes a fourni son travail de mémoire de formes. Cette courte introduction historique permet de mieux saisir la pertinence de la copieuse exposition bicéphale actuelle, plus d’une centaine d’œuvres, entre MO.CO et Musée Fabre, issues d’anciens étudiants de l’Ecole de diverses générations. Le MO.CO a opté pour une approche chronologique, tandis que le Musée propose une approche plus immersive, englobant les œuvres « récentes » parmi ses collections permanentes.

 

  Le MO.CO propose dès l’entrée des repères historiques et des portraits des divers directeurs de l’Ecole. C’est didactique, utile, mais un peu froid ; heureusement un buste de Germaine Richier, un fusain figuratif de Pierre Soulages et un autoportrait d’Alexandre Cabanel, donnent plastiquement le signal du début de la visite. Hommage à Camille Descossy, directeur légendaire des Beaux-Arts qui eut pour élèves Viallat (étudiant de 1955 à 1959), Dezeuze, Bioulès, Rouan, une partie de la dernière avant-garde française, Supports/Surfaces. Se trouvent là des œuvres de jeunesse de Viallat, dont Un bœuf écorché, relecture de Soutine, des intérieurs d’Henriette Viallat, née Pous, qui avait suspendu sa carrière pour s’occuper des expositions de son mari. En descendant d’un étage, Supports/Surfaces demeure très présent : Bioulès et ses toiles-bandes (années 1970), Patrick Saytour et son installation de sangles, des objets de cueillette de Daniel Dezeuze ainsi qu’une autre génération représentée par Combas avec une deux œuvres sur bois, La Bataille navale fait rage (1978) et Membre du fan-club Mickey (1979). N’oublions pas le groupe ABC (Azémar, Alkema, Bioulès, Clément) ainsi Patrice Vermeille, hélas absent de la monstration. Toujours en descendant, une génération plus jeune (enfin ?),  expose de grands formats orageux, réalisés en collaboration : Gilles Michelis et Abdelkader Benchamma, avec Diamond Shape (2025) ainsi qu’Alain Lapierre et Jimmy Richer avec la vaste fresque Bézoard. À l’extérieur du bâtiment, Rodolphe Huget tient une grande place avec ses pots en terre ; à l’intérieur se trouvent ses photos avec les sans-abri (Liberté Précarité Fraternité) et ses cagettes déchiquetées, parfois brûlées et peintes. Pêle-mêle citons aussi Marc Aurele, François Dezeuze, Dominique Gauthier, Caroline Muheim ou Benoît Pype, etc.

 

Oeuvres à quatre mains de Gilles Miquelis et Abdelkader Benchamma, MO.CO 2026

  Cette légère cohue, réjouissante, précède celle du Musée Fabre où l’espace est plus compté pour certains artistes, mais offre la possibilité d’établir des correspondances avec les œuvres muséales. Nous ne reviendrons pas sur les noms déjà évoqués, présents ici aussi. L’une des mises en relation qui fonctionne parfaitement, concerne la grande toile  (200 x 400 cm) de Gaétan Vaguelsy, Les Baigneurs (2025), située dans les gorges du Gardon, près de Poulx : une bande de copains faisant la fête, en buvant et en fumant, exclusivement des produits licites, fait face à la célèbre toile de Courbet, Les Baigneuses (1853). Les volumes nommés Mami Wata (déesse vaudou) d’Alba Sagols ainsi qu’une installation sonore questionnent Ribeira. Les dessins préparatoires de Mona Young-eun Kim, (Coréenne, ancienne étudiante à Montpellier, devenue enseignante à l’ESAD de Reims) pour le décor du plafond des Halles Laissac, dialoguent avec Ernest Michel, lauréat du prix de Rome en 1860, lui-même auteur de commandes publiques. Très à l’aise, au rez-de-chaussée, mais suspendue au plafond, trône une grande sphère gonflable de Bruno Peinao nommée Sans titre, Globule Ubiquity Vibrations, pour Vincent H, représentant l’astre lunaire tandis que dans le hall Buren, les réalisations technologiques de Michel Martin s’affirment. De nombreux autres créateurs et créatrices comme Soufiane Ababri, Gabrielle Manglou, Clara Rivault, Chloé Viton, etc. côtoient les grands « anciens ».

 

 

                                                                                                                      Christian Skimao

 

 

 

 

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