vendredi 6 février 2026

Exposition Agata Ingarden, Collection Lambert, Avignon, 2026

 

Exposition Agata Ingarden

Au grand jour/In Broad Moonlight

Collection Lambert, Avignon

Du 1er février au 3 mai 2026

 

 

Agata Ingarden, série Elevators, Collection Lambert, 2026

 

                         Ascenseur pour colonne vertébrale

 

 

  Cette double exposition d’Agata Ingarden déroule conjointement à Marseille, au Triangle- Astérides et en Avignon, à la Collection Lambert. Nous nous concentrerons plus spécifiquement sur la partie avignonnaise.

 

Son travail s’inscrit à la croisée du mécanique, du corporel et du fantastique. Ses fameux ascenseurs, Elevators, composés de pièces industrielles réemployées, se trouvent traversés de cordes d’instruments de musique, et ponctués de moulages en bronze des vingt-cinq vertèbres humaines. Le contraste recherché entre le corps, symbolisé par des rouages essentiels évoquant le squelette, et une machinerie métallique usagée demeure fondamental. La naissance d’une hybridation, fort en vogue depuis quelques années, avec sa réévaluation dans le domaine de l’art contemporain, y a peut-être contribué. On y voit ainsi une étrange main organique, composée de branchages, prête à happer le passant ou la passante. Une dimension métaphysique hante ces boîtes : la verticalité renvoie à l’élévation tandis que l’horizontalité suggère l’ensevelissement. Au cœur de l’exposition, une reproduction du sacrum, os du bassin essentiel, The Shell (T9-12, L1-5, S1), se détache sur une plaque de récupération, d’un bleu usé, d’une intensité remarquable.

 

Agata Ingarden, série Hermits, Collection Lambert, 2026

  Les  Hermits, sculptures également verticales, assemblent débris de matériaux de construction polis par la mer, tiges métalliques, et lames de stores, se terminant par des fenêtres de verre globuleuses. Elles évoquent le bernard-l’hermite qui loge dans une coquille abandonnée. Leur éclairage, joue avec les variations lumineuses des couchers de soleil. Entre référence animale et maquette architecturale, chaque volume se positionne entre sculpture, stèle et maquette, suggérant un singulier parfum de solitude, proche d’un rêve ermite.

 

  Enfin sur les murs, Dream House World (Monde de la maison des rêves) présente quatre plans d’évacuation en cuivre oxydé, où figurent des ascenseurs et quatre salles distinctes dont les noms (ravemetalbase et rythm rooms) évoquent la musique et la danse. Ils rappellent aussi les plans d’évacuation dans les hôtels ou les lieux publics en cas d’incendie. Des circuits neuronaux pourraient se trouver activés dans le cadre d’un cauchemar généralisé.

 

 Le parcours d’Agata Ingarden multiplie changements d’échelle et glissements temporels, aboutissant à une fiction puissante, paradoxalement  amarrée à des matériaux concrets.

 

 

                                                                                                                                                           Cristian Skimao


 

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