mercredi 4 février 2026

Exposition "L'esprit de l'atelier", MO.CO Panacée, Montpellier, 2026

 

Exposition L’esprit de l’atelier  (16 artistes formés aux Beaux-Arts de Paris avec Djamel Tatah)

Avec Kenia Almaraz Murillo, Raphaëlle Benzimra, Djabril Boukhenaïssi, Tristan Chevillard, Fabien Conti, Mathilde Denize, Léo Dorfner, Clémence Gbonon, Bilal Hamdad, Nina Jayasuriya, Dora Jeridi, David Mbuyi, Zélie Nguyen, Pierre Pauze, Blaise Schwartz, Rayan Yasmineh

MO.CO Panacée, Montpellier

Du 31 janvier au 3 mai 2026

 

 

Mathilde DENIZE, Sound of Figures, 2025, acrylique et aquarelle sur toile, paillettes, 200 x 180 cm. Courtesy de l’artiste et Perrotin. Production Frac Île-de-France. Photo : Tanguy Beurdeley ©Adagp, Paris, 2026

                     Transmission ou rébellion

 

  Côté 19ème siècle, la tradition de l’atelier des Beaux-Arts, le maître et des élèves, glisse vers la contemporanéité du 21ème siècle, avec un « boss » et de futurs artistes. Après ce raccourci, historique, intéressons-nous au cas concret de Djamel Tatah, enseignant à Paris de 2008 à 2023 et à certains de ses anciens étudiants. Dans l’écosystème artistique, il existe aussi des créateurs et créatrices, non passés par une école d’art, qui ont réussi à devenir des figures majeures ; leur nombre semble toutefois diminuer, surtout en tenant compte en compte des parcours parallèles  (Arts Déco, design, universités, instituts, nouvelles technologies, écoles d’architecture, etc.)

 

Dora JERIDI, PONY CLUB (GUERNICA FOR KIDS), 2023, huile, bâton d’huile et fusain sur toile, 210 x 400 cm.

  Indéniablement, Dora Jeridi, née en 1988, frappe par sa puissance plastique et sa relecture de l’histoire de l’art. Elle mêle références expressionnistes et réminiscences adolescentes ou enfantines. Cette absence de hiérarchie, très caractéristique de notre époque, lui permet d’hybrider figuration et abstraction, par un travail citationnel et fragmentaire, parfois inattendu, à la manière de Philip Guston, par exemple. La couleur, omniprésente, adopte une gestuelle teintée d’impatience : rouges plus ou moins oppressants ou jaunes criards. L’importance des titres ouvre encore de nouvelles voies d’interprétation (Chevaux hurlants, Firestarter, Peur du jazz, Pony club (Gernica for Kids), etc.

 

  Djabril Boukhenaïsi, né en 1993, crée des peintures qui se réfèrent à un temps passé, du moins en apparence. Le mélange d’espaces intérieurs et extérieurs produit une distorsion spatio-temporelle. L’évanescence des formes et la douceur sensuelle des couleurs, plongent le spectateur/la spectatrice dans un monde disparu, la modernité d’autrefois. Malgré des références à un certain Romantisme ou à quelque postimpressionnisme tardif, une contemporanéité plus discrète interroge ses réalisations.

 

  Mathilde Denize, née en 1986, produit d’étranges figurines multicolores qui jouent avec l’espace. Ses bariolages cultivés, en trois dimensions, rejoignent des peintures bidimensionnelles. Le côté aérien évoque la danse, alors que ses « habits d’arlequin » renvoient élégamment au théâtre. Reste la musique, qui se retrouve dans le titre d’une œuvre exposée, Sound of figures (Le son des figures). Un rêve d’art total qui réside en marge de technologies trop vulgaires.

 

  Voici une première sélection, sans doute partiale, critique, et résolument personnelle. Une seconde suivra-t-elle ? Mes encouragements accompagnent naturellement les autres artistes dans leur navigation aventureuse hors de l’espace mythique de l’Atelier.

 

 

                                                                                                                                                         Christian Skimao 

 

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