LUMA Arles
Exposition In Search of…Incredible de Julianknxx
La
Tour-Underground, niveau - 3
Du 1er
mai 2026 au 10 janvier 2027
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| Jullianknxx, vue partielle de l'exposition, LUMA Arles, 2026 |
Afriques
salées
Une très intéressante
exposition de Jullianknxx (Julian Knox), né à Freetown, en Sierra Leone qui vit
et travaille à Londres. Il a exposé dans de nombreuses institutions en Europe
et présente ici le résultat d’une résidence à LUMA Arles. Son approche
polyphonique met en relation des voix, des images, une déclinaison du sel et la
présence d’objets et de volumes dans cette pénombre assez magique, de ce niveau
souterrain.
Plusieurs éléments constituent cette
installation. Partant d’une relation entre l’artiste et sa mère en Gambie, à travers
de mots découverts sur une boîte en carton où elle lui avait envoyé une
sculpture, il a élaboré un système de relations. D’abord des sculptures dont
les croquis ont été réalisés par lui, puis réinterprétés par des menuisiers
locaux sous forme de volumes en bois de rose, avant de se trouver expédiés à
Londres. Ici, elles ont connu une nouvelle transformation : recouvertes de
sel, brûlées, teintées avec des pigments ou recomposées avec des matériaux
trouvés. On quitte le lieu d’une vérité immuable sur la statuaire africaine, qui
d’ailleurs n’existe plus depuis longtemps, pour entrer de plain-pied dans un
processus contemporain nommé Alters. Les formes, parfois massives
et isolées, parfois des éléments technologiques usés ou des instruments de
musique créent une sorte d’illusion fantomatique et mémorielle. Une musique, Khanisela
(Eclaire mon chemin), se diffuse depuis la descente des escaliers. Au
fond de la salle, un grand panneau, From the cardboard box your mother sent,
explique le processus de création évoqué auparavant avec sa mère et témoigne de
ces échanges avec des photographies familiales et d’archives, de petites
sculptures, figurines, tracés de circulation, etc.
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| Jullianknxx, image de la vidéo, LUMA Arles, 2026 |
L’importance du son se retrouve avec une
vidéo, What Colours Can We Dream In this Night Filled with Salt ? qui
diffuse des berceuses comoriennes, interprétées par le Chœur Boras de Marseille.
Il en ressort une grande émotion et la présence entêtant de ce
« sel » qui change la nature des aliments, donc de la vie. Dans la
salle contigüe, Two Moons, deux danseurs Karel Kopuelany et Joël
Assebako, réalisent une performance avec du sel. Une image bleutée, irréelle
et magnétique, les montre en train de se frotter mutuellement le corps avec du
sel. Si la métaphore peut sembler évidente, elle s’inscrit néanmoins dans une
réalité ritualisée de grande splendeur. Le texte de la chanson évoque le mythe
des deux lunes :
« L’une
pour le jour,
L’une
pour ce qui manque.
J’aimerais
que la Terre ait deux lunes. »
De part et d’autre, deux sculptures circulaires,
Constellations, se trouvent suspendues de part et d’autre. Les étoiles, réalisées
en cristaux de sel, évoquent le mouvement des deux danseurs et représentent le
ciel nocturne tel qu’il était à Freetown, en Sierra Leone, lors de la naissance
des deux frères de l’artiste.
Entre sel de la terre et sel du ciel, Jullianknxx
joue les équilibristes…
Christian
Skimao


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