lundi 4 mai 2026

Expositions mai 2026, LUMA Arles

 

LUMA Arles

Lancement des expositions de mai

Avec Zaha Hadid, Camille Henrot, Verena Paravel, Gerhard Richter, Cahiers d’art

Du 1er mai 2026  au 10 janvier 2027

 

 

Verena Paravel, image de Delta, LUMA Arles, 2026


            Expositions sous le signe du muguet


  Une première série d’expositions s’ouvre en mai 2026. On débute avec la grande architecte d’origine irakienne Zaha Hadid (1950-2016), première femme lauréate du prix Pritzker en 2004. Les archives de Hans Ulrich Obrist proposent d’un côté des entretiens, de l’autre des peintures et dessins de grande qualité. À ses débuts, Hadid questionne l’avant-garde russe avec Tatline, le suprématisme et le constructivisme. On se souvient de la force du projet, jamais réalisé, du Monument à la Troisième Internationale (1919-1920), souvent présenté sous forme de maquette, plus ou moins grande, ou réinterprété. Avec son dessin de grand format, La Grande Utopie, La Tour de Tatline et « tourbillon » tectonique (1992-93), elle poursuit cette réflexion sur l’envol de la modernité. D’autres œuvres, délicates et puissantes, prolongent une pensée axée vers les lignes et les formes, mais également attentive à l’espace vide, comme dans The Peak, Les Plongeurs (1982-83)

 

Zaha Hadid, dessin, 1992-93, LUMA Arles, 2026

  Vient ensuite une approche écologique, au sens large, avec deux réalisations : Delta de Verena Paravel et In the Veins de Camille Henrot. Le film de Paravel, projeté sur un support de 8 mètres de long, valorise les sons des différentes espèces vivantes, la nature aquatique, et même l’activité humaine lointaine, grâce aux images filmées dans le delta du Rhône. Elle utilise des technologies de pointe et s’appuie sur de nombreuses recherches opérées par les spécialistes de la Tour du Valat. Le foisonnement continu de la vie sous toutes ses formes et avec tous ses bruits, crée néanmoins un léger sentiment d’inquiétude devant cette ancienne, mais ici mise en valeur de façon nouvelle, altérité. Henrot, réalisatrice de Grosse fatigue (2013), Lion d’argent à la Biennale de Venise la même année, propose une fable critique sur le soin («care») et le rapport existant entre les enfants et leurs animaux en peluche par rapport aux petits animaux réels. Cette contradiction s’inscrit dans un compte à rebours civilisationnel dont l’issue paraît incertaine. Images rythmées, ton syncopé, veines apparaissant en surimpression, forment un cocktail porteur d’une angoisse sourde avant d’aboutir à l’essentiel : la transmission et la possibilité de survie de toutes les espèces vivantes.

 

Camille Henrot, image de In the Veins, LUMA Arles, 2026

  L’exposition Cent ans de Cahiers d’art rend hommage à la revue créée en 1926 par Christian Zevos (1889-1970), figure légendaire du Paris d’avant et d’après-guerre. Spécialiste de Picasso, il a défendu de nombreux artistes, d’abord par ses parutions, ensuite par la galerie éponyme, créée par son épouse Yvonne, en 1934. En 2011, Staffan Ahrenberg a racheté la maison d’édition, la revue et la galerie. Des plaques de zinc originales côtoient des couvertures mythiques de la revue ainsi que des gravures d’artistes plus jeunes comme Adel Abdessemed ou Ai Weixei. La LUMA a commandé au duo d’artistes QASAR le film REMNA qui réinterprète de façon contemporaine des originaux des Cahiers.

 

Picasso, affiche d'exposition, Cahiers d'art, LUMA Arles, 2026 

  Gerhard Richter avec Overpainted Photographs, présente des photographies de petit format, quelque peu orphelines, recouvertes de peinture à l’huile, de vernis ou d’émail, parfois grattées. Installée dans la Galerie Principale de la Tour, une très vaste salle, souvent dévolue à la photo, l’exposition crée un contraste entre l’importance du volume vide et les alignements de petites pièces, à parcourir longuement, comme une sorte de pèlerinage. Ces séries, commencées en 1980, suivent le principe d’une réutilisation de la peinture de grandes ses toiles abstraites, sont complétées par Grauwald (2008), une forêt près de son domicile et Museum Visit (2011) qui suit le parcours du public dans la Tate Modern pendant une journée. Ce recyclage de la pensée, de la perception et des matériaux de base s’inscrit dans un cheminement plus long. Chez Richter, ce dialogue entre photographie et peinture, trouve ses origines dans sa production picturale, après son passage à l’Ouest. Les projections de photos sur toiles se trouvent ensuite reproduites à l’identique, mais en usant de ce flou caractéristique, véritable marque de fabrique de l’artiste. Overpainted Photographs propose un renversement dialectique et signe une activité plus intime qui s’inscrit dans cette constante obligation de « faire ». Le flou se mue en voile abstrait, conduisant à une hybridation sournoise. In fine, son œuvre demeure toujours une interrogation.

 

Gerhard Richter, Overpainted Photographs, LUMA Arles, 2026

  Enfin l’excellente exposition de Julianknxx, In Search of...Incredible, fera l’objet d’une critique ultérieure.

 

                                                                                                                                                     Christian Skimao

 

 

 

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