dimanche 21 juin 2026

Exposition Jaume Plensa, Carré Sainte-Anne, Montpellier, 2026

 

Exposition Jaume Plensa

Mirage

Carré Sainte-Anne, Montpellier

Du 26 juin au 1er novembre 2026

 

 

Jaume Plensa. Les Invisibles, exposition Mirage, 2026

 

                 L’essentiel est invisible pour les yeux

 

 

  Débuter par une phrase paradoxale, empruntée à Saint-Exupéry, pour évoquer le visuel même que représente la sculpture peut sembler friser le contresens. Pourtant, Jaume Plensa nous convoque, dans le silence, à voir au-delà même des artefacts présentés.

 

  Dès l’entrée, deux sculptures monumentales en maille d’acier s’imposent, non pas de façon impérieuse mais enveloppante et discrète, Les Invisibles. Nommées Invisible Laura et Invisible Ruirui (2018), elles se font face et semblent engager un dialogue silencieux, les yeux fermés et un doigt posé sur les lèvres. Chaque tête est constituée d’une trame métallique précise mais en s’éloignant vers le sol, les fils de métal s’effilochent, semblables à des queues de méduse, créant un espace lié au rêve, L’inachèvement demeure le lieu des confidences.

 


Jaume Plensa, Le Rêve de Martine et Le Rêve d'Isolde, exposition Mirage, 2026



  D’autres volumes, de plus petit format, trouvent également leur place sur les côtés de l’église. Deux gisantes en albâtre, évidemment beaucoup plus petits, yeux clos et mains jointes, Le rêve de Martine et Le rêve d’Isolde (2025) continuent le dialogue silencieux avec le public. Elles s’inscrivent dans une approche plus traditionnelle de la sculpture qui met en valeur la matière luminescente de l’albâtre, minutieusement polie, tout en laissant apparaître le non-fini du support qui renforce un fort ancrage terrestre. Changement radical de matériau dans le chœur, où se trouvent trois autres sculptures, verticales, Maria, Zvetlana et Keying, taillées dans des poutres récupérées en Belgique, aux formes allongées et de couleur sombre. Elles semblent appartenir à un autre monde où la mémoire tisse des liens avec le monde entier.

 

Jaume Plensa, Maria, Zvetlana, Keying, exposition Mirage, 2026

  Le public joue un rôle essentiel. Il interagit avec les œuvres, non pas comme un simple regardeur mais comme une entité pensante. La notion d’environnement retrouve ici toute sa pertinence liée à ce bien commun fondamental, le silence. Écoutons Jaume Plensa : « C’est un silence permettant de créer un état d’âme qui nous rend capables d’écouter. On vit dans un moment où nous recevons une grande quantité de messages. Il y a un bruit énorme dans notre tête qui nous empêche d’écouter nos pensées. Quand nous parlons, nous ne savons plus si c’est bien nous qui parlons ou si ce n’est qu’un écho venant des parois de notre crâne, des paroles que nous avons entendues ailleurs. »

 

                                                                                                                                                       Christian Skimao

 

 

 

 

 

 

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