Exposition
Robert Combas
Guerre
et Paix
Pont
du Gard (espace d’exposition Rive gauche)
Du 29 mai
au 1er novembre 2026
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| Robert Combas, Combat naïf de gladiateurs narbonnais à l'époque des Romains, 2024. (c) Combas |
Si vis pacem,
para bellum
« Si
tu veux la paix, prépare la guerre », autant démarrer avec cette
incontournable maxime latine, au sens plus subtil qu’il n’y paraît. La
référence au volumineux roman de Tolstoï, Guerre et Paix ne doit pas
cacher une sorte de complémentarité intime et historique. En peinture, les
images liées à la guerre paraissent plus spectaculaires que celles liées à la
paix. Un autre exemple concerne le Jardin des délices de Jerôme Bosch, où
la représentation de l’Enfer, panneau de droite, est plus excitante
visuellement que la Création, panneau de gauche. Revenons à Robert Combas, ici peintre
des mythologies grecques et romaines, avec un maelström de couleurs, mais aussi
de savantes combinaisons en noir et blanc. La Figuration Libre semble à
la fois lointaine et si proche. Elle se trouve peu à peu reconstituée pour
l’histoire de l’art et déclinée pour le marché.
Dans la pénombre de la salle d’exposition du Pont
du Gard, sorte de caverne néoplatonicienne, se trouve une œuvre de grande
taille, La Guerre de Troie (240 x 896 cm) de 1988. Immanquablement,
elle convoque un genre, à première vue, bien éloigné de Combas, la peinture d’Histoire,
qui fut incontournable du 17ème au 19ème siècle en Occident. En la reprenant à son
compte, tout en y introduisant une forte dose de pop culture et de bande
dessinée, il en dynamite les codes, tout en conservant la puissance narrative
du genre. Tout est faux et tout est exact. Les références cinématographiques et
télévisuelles se mélangent à l’envie créant ce style si particulier qui a démarré
pour lui dans les années 1980. Avec des titres comme Joli spectacle équestre
(1987) , Le contournement de Sète par Hannibal (2000) ou Combat naïf
de gladiateurs narbonnais à l’époque des Romains (2024), l’artiste opte
pour une approche très picturale où les personnages se trouvent envahis par le
motif, en une interaction singulière. Cette spécificité de Combas propose donc
un champ de lecture très éloigné d’un art brut ou naïf. Le soin apporté à la
construction picturale favorise un rapport de tension, d’où pointe parfois une
possible abstraction. En revenant à l’Histoire, remarquons que l’artiste
propose surtout ses histoires, par le biais des titres se trouvant sur le cartel
d’accompagnement. Souvent très longs, assez éloquents, parfois quelque peu
obscurs, ils nous entraînent dans une nouvelle dimension, celle d’un long récit
où se mélangent époques, références, évidences, mensonges, récits privés et homériques.
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| Robert Combas, Réflexion et détermination, 2014. (c) Combas |
Pour retrouver la paix, après ce fort tumulte
des egos (des Goths ?), vient en contrepoint la série des « Tatouages
académiques » qui prend place dans une partie spécifique du lieu. L’utilisation
du noir et blanc propose une autre démarche, consistant à absorber la tradition
du dessin pour la révéler différemment. Apparaissent des personnages célèbres, grecs
et romains, comme Alexandre le Grand, Brutus, Caracalla, Démosthène, mais aussi
des anonymes avec Un Romain que je ne sais pas qui c’est ? (2019)
ou des bustes de femmes comme Sexy Stature lunaire sans ligne et sans bras
(2004). Ces relectures qui s’imposent comme un travail de passation plus ou
moins surréaliste (une certaine Vénus de Milo au Louvre se trouve réutilisée) rencontrent
des œuvres comme L’homme cheval (2007) qui fonctionne de façon
historique et actuelle, aboutissant à la mise en place d’une mythologie
contemporaine propre à Combas. Le jeu de mots demeure omniprésent, fonctionnant
avec le jeu de formes, l’ensemble devenant un jeu de dames et/ou de dupes.
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| Robert Combas, L'Autiste dans la forêt de fleurs, 1991, expo Pont du Gard, 2026 |
Une œuvre fort étrange, difficile à classer
dans la dichotomie annoncée dans le titre de cette monstration : L’Autiste
dans la forêt de fleurs (1991). Cette peinture, apaisante, de grand format (216
x 518 cm) montre un personnage perdu dans une masse colorée de plantes et
de fleurs où prédominent coulées verticales et explosions florales plus ou
moins réalistes. Le texte d’accompagnement, très poétique, bien qu’assez tragique,
propose un monde différent où règne l’imaginaire et semble très proche de
l’univers d’Henri Rousseau dit « Le Douanier ». Et pourquoi ne pas
conclure sur une cette étonnante interrogation ?
Christian Skimao
Mea
culpa : je suis de la génération de Robert Combas. Futur jeune critique, arrivé
à Montpellier fin 1979, j’étais présent au vernissage de la première exposition
de notre artiste à la galerie Errata (tenue conjointement par Marc Aurelle et
Christian Laune) en mai 1980. Or je n’avais jamais écrit sur ses peintures
en raison de certains aprioris. J’ai donc eu tort et comme le tort tue, je
préfère rester vivant en me rattrapant ici même.

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