Fonds
Bustamante
27, rue
de Chartrouse, Arles
Ouverture
et exposition En miroirs
Du 9
juillet au 30 octobre 2026
| Fonds Bustamante, vue générale, Arles 2026 |
Chassé-croisé
de talents
L’ouverture
du Fonds Bustamante, enrichit une fois encore le panorama artistique arlésien. Il
se situe dans l’ancienne église Sainte-Croix, entièrement rénovée sur trois
niveaux par l’architecte et designer Charles Zana, dans le quartier de la Roquette,
lui aussi en pleine transformation depuis quelques années. La façade est ornée
d’une frise conçue par l’artiste, composée de carreaux de lave émaillée. Les
nuances de jaune ont été élaborées en hommage à la palette de Van Gogh,
évidemment. Jean-Marc Bustamante est un artiste français, né en 1952, connu au
niveau international. Il commence à œuvrer dans le domaine de la photographie
avant de s’engager dans une recherche plus éclectique, questionnant les
relations entre réalité et représentation. Cette approche, souvent conceptuelle,
l’a conduit à collaborer étroitement avec l'artiste Bernard Bazile, de 1983 à
1987, sous le nom de BazileBustamante.
| Jean-Marc Bustante, Solone, 2013, Arles 2026 |
Si
le Fonds rassemble des archives et des documents concernant l’artiste, il
semblait plus que judicieux d’ouvrir le lieu à d’autres créateurs, issus de
générations différentes et œuvrant dans des pratiques similaires ou divergentes ;
non pas dans un esprit de confrontation (quoique), mais plutôt de dialogue, ou
plutôt de réflexion. D’où le titre de la monstration inaugurale, plus
énigmatique que véritablement explicite : En miroirs. Bustamante a
choisi lui-même les œuvres d’artistes, certains disparus comme Jan Vercruysse, historiques
comme Reinhard Mucha, Thomas Schütte, d’autres plus jeunes comme Shervin/e
Sheikh Rezaei. Cristina Iglesias a réalisé une sculpture monumentale en
aluminium moulé et verre coloré intitulée Entwined XI. La thématique du
miroir ou des miroirs ainsi leur positionnement « En miroirs »
convoque le regard avec les croisements possibles et ceux qui ne le sont pas. Une
autre possibilité résiderait dans la symbolique de l’Inventaire de
Bustamante, mais le sens demeurerait fermé, tandis que nous nous trouvons précisément
dans l’ouverture. Jean-Pierre Criqui nous propose un double regard, fort
intéressant, sur une œuvre de Reinhard Mucha, O.T. - Oberer Totpunkt /
T.D.C. - Top Dead Center (1982) et une autre de Tatiana Trouvé, I Tempi
Doppi (2014). Les œuvres dialoguent-elles en face à face : PSSST
GOD (2026) de Gerhard Merz avec Dispersion (2002) de Bustamante mais
aussi avec les trois personnages d’Anne-Marie Schneider (2020) ? Les
formes, les couleurs, les démarches, les idées entrent en jeu, mettant subtilement
en branle des « correspondances » inavouées.
À suivre…
Christian Skimao
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